Le stress chez le chat

Le stress chez le chat n’est pas toujours facile à reconnaître.

Un chat stressé ne va pas forcément miauler, s’agiter ou montrer de manière spectaculaire que quelque chose ne va pas. Certains deviennent au contraire plus discrets, se cachent davantage ou modifient légèrement leurs habitudes.

C’est souvent parce que l’on connaît bien son propre chat que l’on remarque les premiers signes : il ne dort plus au même endroit, mange différemment, évite une pièce, devient moins tolérant au contact ou semble simplement ne plus se comporter comme d’habitude.

Pour comprendre le stress chez le chat, il faut donc moins chercher un symptôme unique qu’apprendre à observer son comportement, son environnement et surtout ce qui change par rapport à ses habitudes.

Qu’est-ce que le stress chez le chat ?

Le stress est avant tout une réponse normale de l’organisme face à une situation que le chat perçoit comme difficile, imprévisible ou potentiellement dangereuse.

Cette réaction est utile.

Elle permet au chat de devenir plus vigilant et de réagir rapidement lorsque son environnement change.

Un bruit soudain, l’arrivée d’une personne inconnue ou un événement inhabituel peuvent par exemple provoquer une réaction de stress ponctuelle sans que cela soit problématique.

Le chat peut s’éloigner, se cacher, observer quelques minutes puis reprendre normalement ses activités lorsque la situation est passée.

Le stress devient davantage préoccupant lorsqu’il est important, se répète régulièrement ou persiste parce que le chat ne parvient pas à retrouver un état de calme.

Il faut donc distinguer une réaction ponctuelle, qui fait partie du fonctionnement normal du chat, d’un état de stress qui s’installe dans la durée.

Pourquoi les chats sont-ils sensibles aux changements ?

Le chat est particulièrement attentif à son environnement.

Il connaît ses lieux de repos, ses passages habituels, ses ressources, les personnes avec lesquelles il vit et les différents événements qui rythment sa journée.

Cette stabilité lui permet de prévoir une grande partie de ce qui va se passer.

Lorsqu’un élément change, il doit réévaluer la situation.

Pour certains chats, cela ne pose quasiment aucune difficulté.

D’autres sont naturellement beaucoup plus prudents et ont besoin de davantage de temps avant de retrouver leur calme.

Ce n’est donc jamais uniquement l’événement lui-même qui compte.

Il faut aussi tenir compte du chat qui le vit.

Tous les chats n’ont pas le même seuil de vigilance

Face à une même situation, deux chats peuvent réagir de manière complètement différente.

L’un entend un bruit inhabituel, lève la tête puis se rendort.

L’autre se redresse immédiatement, observe longuement son environnement et reste en alerte pendant plusieurs minutes.

On peut parler de différences de seuil de vigilance.

Certains chats réagissent relativement peu aux changements qui se produisent autour d’eux, tandis que d’autres détectent et prennent en compte le moindre élément nouveau.

Une partie de ces différences se construit très tôt dans leur vie.

Pendant les premières semaines, les expériences auxquelles le chaton est confronté participent à construire sa perception du monde.

Les humains, les manipulations, les bruits, les odeurs, les mouvements et la variété de son environnement contribuent à ce qu’il considérera ensuite comme familier.

Un chaton qui a grandi dans un environnement varié, avec des expériences adaptées et positives, pourra souvent aborder plus facilement certaines nouveautés.

À l’inverse, un chat qui a connu très peu de stimulations, peu de contacts avec les humains ou un environnement très différent de celui dans lequel il vivra ensuite peut rester beaucoup plus vigilant face à ce qu’il ne connaît pas.

Mais son histoire précoce n’explique pas tout.

Son tempérament, ses expériences ultérieures et ses caractéristiques individuelles participent également à sa manière de réagir.

Plusieurs chats dans la même maison peuvent réagir complètement différemment

C’est quelque chose que les propriétaires de plusieurs chats peuvent observer très facilement.

Deux chats vivent dans la même maison.

Ils connaissent les mêmes personnes.

Ils entendent le même bruit.

Ils voient arriver le même visiteur.

Et pourtant, leurs réactions peuvent être totalement différentes.

L’un reste tranquillement installé sur le canapé.

L’autre se lève immédiatement et part se cacher.

Un carton, un meuble déplacé ou un nouvel objet peut passionner l’un et inquiéter l’autre.

Ces différences montrent bien que le stress ne dépend pas seulement de ce qui se passe dans l’environnement.

Il dépend aussi de la manière dont chaque chat perçoit cet événement.

C’est pourquoi il est toujours plus intéressant de comparer un chat à son propre comportement habituel plutôt qu’à celui d’un autre chat.

Qu’est-ce qui peut provoquer du stress chez un chat ?

Les causes sont nombreuses et dépendent énormément de chaque individu.

Un déménagement.

Des travaux.

L’arrivée d’un bébé ou d’un autre animal.

Des invités.

Un changement dans l’organisation de la maison.

Des bruits inhabituels.

Un conflit avec un autre chat.

Une modification importante des habitudes.

Un déplacement.

Une visite vétérinaire.

Mais le stress ne vient pas uniquement de ce qui change.

Il peut aussi apparaître lorsqu’un chat vit durablement dans un environnement qui ne répond pas suffisamment à ses besoins.

La solitude peut aussi être difficile à vivre

Le chat est encore souvent présenté comme un animal solitaire et parfaitement indépendant.

La réalité est plus nuancée.

Certains chats supportent très bien de longues périodes de calme.

D’autres ont davantage besoin de présence, d’interactions et d’une vie suffisamment riche autour d’eux.

Un chat qui reste seul de longues heures chaque jour, avec très peu d’activités et peu de possibilités d’interagir avec son environnement, peut progressivement manquer de stimulation.

Il ne s’agit pas d’occuper un chat en permanence.

Les chats passent naturellement beaucoup de temps à dormir et à se reposer.

Mais lorsqu’ils sont éveillés, ils ont aussi besoin d’observer, d’explorer, de grimper, de faire leurs griffes, de jouer, de sentir ou simplement de suivre ce qui se passe autour d’eux.

Vivre en appartement est-il stressant pour un chat ?

La vie en appartement n’est pas, à elle seule, synonyme de stress.

De nombreux chats vivent parfaitement bien exclusivement à l’intérieur.

La vraie question est plutôt de savoir ce que cet environnement leur permet de faire.

Un chat ayant accès à l’extérieur rencontre naturellement une multitude de stimulations : des odeurs, des sons, des mouvements, différents endroits à explorer et des événements qui changent continuellement.

Lorsqu’un chat vit exclusivement à l’intérieur, une partie de cette richesse doit être retrouvée autrement.

Des points d’observation devant les fenêtres.

Des espaces en hauteur.

Des cachettes.

Des griffoirs.

Des moments de jeu.

Différents lieux de repos.

Des objets ou environnements à explorer.

Et des interactions adaptées à sa personnalité.

Un appartement peut donc être parfaitement adapté à un chat, à condition qu’il ne soit pas simplement un espace dans lequel il mange et dort.

Quels sont les signes d’un chat stressé ?

Il n’existe pas un comportement unique permettant d’affirmer qu’un chat est stressé.

C’est l’ensemble de ce que l’on observe qui compte.

Un chat peut commencer à se cacher davantage.

Il peut devenir plus vigilant ou sursauter facilement.

Il peut éviter certaines pièces ou certaines personnes.

Ses oreilles peuvent être davantage orientées sur les côtés ou vers l’arrière, son corps plus tendu et ses pupilles plus dilatées selon la situation.

Certains chats deviennent moins disponibles pour les interactions.

D’autres peuvent au contraire rechercher davantage leur propriétaire.

On peut également constater des changements dans l’appétit, le sommeil, les vocalisations, les griffades ou l’utilisation de la litière.

Mais chacun de ces comportements doit toujours être replacé dans son contexte.

Un chat qui dort n’est pas stressé parce qu’il dort.

Un chat qui se cache n’est pas forcément stressé parce qu’il se cache.

Un chat qui fait ses griffes n’est pas stressé simplement parce qu’il fait ses griffes.

Ce qui devient particulièrement intéressant, c’est ce qui change par rapport à ses habitudes.

Le léchage peut être un petit signal intéressant à observer

Le toilettage fait naturellement partie du quotidien du chat.

Mais lorsque l’on commence à bien l’observer, on peut remarquer de petits comportements particulièrement intéressants.

Après une légère contrariété, une hésitation ou un petit moment de tension, certains chats donnent quelques coups de langue rapides sur leur pelage avant de reprendre normalement leur activité.

Imaginez par exemple un bruit inhabituel.

Le chat s’arrête.

Il regarde autour de lui.

Il hésite quelques secondes.

Puis il se donne quelques coups de langue sur le poitrail ou une patte avant de continuer sa journée.

Ce petit comportement ponctuel peut accompagner le retour au calme.

Pris isolément, il n’a rien d’inquiétant.

Mais apprendre à repérer ces petits signaux permet progressivement de mieux comprendre la façon dont son propre chat réagit à ce qui l’entoure.

Quand le léchage devient excessif

Il faut distinguer ces quelques coups de langue ponctuels d’un comportement beaucoup plus important : l’hyperléchage.

Le chat se lèche alors de manière répétitive et excessive, parfois toujours sur les mêmes zones.

À force, le poil peut devenir clairsemé ou même disparaître par endroits.

Le stress peut faire partie des causes possibles.

Mais un hyperléchage ne doit jamais être automatiquement attribué à un problème comportemental.

Une douleur, des démangeaisons, des parasites, une allergie ou d’autres problèmes médicaux peuvent également provoquer un léchage excessif.

Lorsqu’un hyperléchage apparaît ou s’intensifie, il est donc important d’en parler avec un vétérinaire afin de rechercher d’abord une éventuelle cause physique.

Un chat stressé ne montre pas toujours son stress de manière spectaculaire

Nous avons parfois une vision très humaine du stress.

Nous imaginons quelqu’un d’agité, incapable de rester en place et manifestant clairement son inquiétude.

Chez le chat, la réaction peut être beaucoup plus discrète.

Certains cherchent surtout à éviter la situation.

Ils réduisent leurs déplacements.

Ils restent davantage dans leur cachette.

Ils observent longuement avant de bouger.

Ils deviennent plus prudents.

Un chat très immobile n’est donc pas obligatoirement un chat détendu.

Il faut regarder sa posture, sa façon d’utiliser l’environnement et surtout comparer son comportement à celui qu’il adopte habituellement lorsqu’il est réellement à l’aise.

Se cacher est-il forcément un signe de stress ?

Non.

Se cacher est un comportement parfaitement naturel chez le chat.

Il a besoin d’endroits dans lesquels il peut dormir tranquillement, prendre de la distance et notamment observer sans être vu.

Un chat qui utilise tous les jours la même cachette pour dormir et qui en ressort normalement n’a aucune raison d’être considéré comme stressé uniquement pour cette raison.

En revanche, un changement mérite davantage d’attention.

Si un chat qui dormait quotidiennement sur le canapé commence soudainement à passer presque toute sa journée sous un lit, il faut essayer de comprendre ce qui s’est passé.

Ce n’est donc pas la cachette qui est importante.

C’est la modification du comportement.

Stress ou peur : est-ce la même chose ?

Les deux notions sont liées mais ne désignent pas exactement la même chose.

La peur apparaît généralement face à un élément que le chat perçoit comme menaçant à ce moment précis.

Un objet tombe brusquement.

Le chat sursaute et part se cacher.

Quelques minutes plus tard, il ressort et reprend normalement ses activités.

Le stress est une notion plus large.

Il correspond aux différentes réactions de l’organisme lorsque le chat doit faire face à une situation qu’il doit gérer.

Un épisode de peur peut donc être très bref.

À l’inverse, un environnement difficile à comprendre ou dans lequel le chat manque de possibilités pour retrouver son équilibre peut générer une tension beaucoup plus durable.

Un chat peut-il s’habituer à une situation stressante ?

Parfois, oui.

Mais répéter une situation ne suffit pas nécessairement à la rendre agréable.

Lorsqu’un événement est nouveau et que le chat découvre progressivement qu’il ne représente pas de danger, il peut devenir de plus en plus à l’aise.

Pour cela, il a souvent besoin de temps et de la possibilité de prendre de la distance.

En revanche, si chaque expérience reste désagréable ou trop intense, le phénomène inverse peut se produire.

Le chat apprend alors à reconnaître les signes qui annoncent cette situation et peut commencer à réagir de plus en plus tôt.

C’est quelque chose que les propriétaires peuvent notamment observer avec une caisse de transport, certains traitements ou certaines manipulations.

Le chat ne connaît pas nécessairement ce qui va se passer plusieurs minutes plus tard.

Mais il apprend très bien les associations entre certains événements.

L’objectif n’est donc pas simplement de l’exposer régulièrement à quelque chose en espérant qu’il finira par « s’habituer ».

Il faut essayer de rendre l’expérience suffisamment progressive et supportable pour qu’elle puisse réellement devenir plus familière.

Comment aider un chat stressé ?

La première chose est d’observer.

Quand le comportement a-t-il changé ?

Que s’est-il passé juste avant ?

Une personne est-elle arrivée dans la maison ?

Les meubles ont-ils été déplacés ?

Un nouvel animal est-il présent ?

Une routine a-t-elle changé ?

Le chat dispose-t-il toujours des mêmes ressources ?

Mais il faut aussi se demander si son environnement lui apporte suffisamment de possibilités au quotidien.

Peut-il observer ?

Grimper ?

Explorer ?

Se cacher ?

Faire ses griffes ?

Jouer ?

Choisir plusieurs endroits pour dormir ?

S’éloigner lorsqu’il en ressent le besoin ?

Bénéficier d’interactions lorsqu’il les recherche ?

Ensuite, il faut lui redonner autant que possible du choix.

Pouvoir s’éloigner.

Pouvoir se cacher.

Pouvoir prendre de la hauteur.

Pouvoir observer.

Pouvoir décider s’il souhaite ou non interagir.

Nous avons parfois tendance à vouloir rassurer un chat en allant constamment vers lui, en le sollicitant ou en le prenant dans les bras.

Mais ce qui rassurerait un humain n’est pas forcément ce dont un chat a besoin.

Pour certains, le meilleur soutien consiste simplement à leur laisser du calme et à leur permettre de revenir lorsqu’ils sont prêts.

L’importance d’un environnement pensé pour le comportement du chat

Cette notion de choix a directement influencé la conception de Chez Shami.

Avant la création de la pension, ma formation de comportementaliste félin m’a permis de réfléchir aux installations du point de vue du chat et pas uniquement du point de vue de l’humain.

C’est pour cette raison que les studettes offrent plusieurs possibilités.

Le chat peut prendre de la hauteur.

Il peut se cacher.

Il peut changer de lieu de repos.

Il peut observer ce qui se passe autour de lui.

Les cabanes ont notamment été conçues pour lui permettre de voir sans être vu.

Il peut également choisir d’accéder à son jardin privatif sécurisé ou de rester dans sa studette.

Cette possibilité de choisir est particulièrement importante.

Tous les chats n’arrivent pas à la pension avec le même niveau de vigilance.

Certains commencent rapidement à explorer.

D’autres préfèrent observer pendant un certain temps avant d’utiliser progressivement l’ensemble de leur environnement.

Nous retrouvons finalement exactement ce que les propriétaires de plusieurs chats peuvent eux-mêmes constater à la maison : face à une situation identique, chaque individu réagit différemment.

L’objectif n’est donc jamais d’obtenir le même comportement de tous les chats.

Il est de leur proposer suffisamment de possibilités pour qu’ils puissent s’adapter selon leur propre personnalité.

Peut-on supprimer complètement le stress chez un chat ?

Non.

Et ce ne serait pas un objectif réaliste.

Le stress fait partie du fonctionnement normal d’un animal.

Un bruit inhabituel, une nouvelle situation ou un changement peuvent provoquer une réaction momentanée.

L’objectif n’est pas de faire vivre un chat dans un environnement où absolument rien ne provoquera jamais de réaction.

Il est surtout d’éviter qu’il soit confronté durablement à une situation qu’il ne parvient pas à gérer.

Chaque chat possède son histoire, sa personnalité et son propre seuil de vigilance.

Ce que l’on peut faire, en revanche, c’est mieux comprendre ses réactions et lui offrir un environnement dans lequel il dispose de suffisamment de possibilités pour retrouver son équilibre.

Quand faut-il consulter un vétérinaire ?

Un changement de comportement ne doit pas automatiquement être attribué au stress.

La douleur ou certaines maladies peuvent également modifier profondément le comportement d’un chat.

Un animal qui s’isole davantage, mange moins, devient irritable, change ses habitudes de toilette, présente un hyperléchage ou commence à uriner en dehors de sa litière peut être stressé, mais il peut aussi présenter un problème médical.

Si le changement apparaît brutalement, persiste ou s’accompagne d’autres signes inhabituels, il est donc important d’en parler avec votre vétérinaire.

Une fois une cause médicale recherchée, il devient alors possible d’étudier plus précisément les éventuels facteurs comportementaux ou environnementaux.

En résumé

Le stress chez le chat n’est pas toujours spectaculaire.

Il peut se manifester par une modification discrète de ses habitudes : davantage de cachettes, moins d’interactions, une vigilance accrue, un changement d’appétit, un toilettage différent ou simplement une nouvelle manière d’utiliser son environnement.

Il peut même parfois être observé dans de tout petits comportements, comme quelques coups de langue après un moment de tension.

Une réaction ponctuelle fait partie du fonctionnement normal du chat.

Ce qui mérite davantage notre attention, c’est un changement qui dure, se répète ou empêche le chat de retrouver son comportement habituel.

Et surtout, chaque chat possède son propre seuil de vigilance.

Ce qui laisse un chat parfaitement indifférent peut être beaucoup plus difficile à gérer pour un autre.

Pour mieux comprendre son compagnon, il faut donc apprendre à l’observer et se poser deux questions simples :

qu’est-ce qui a changé pour lui ?

Et parfois :

est-ce que son environnement lui permet réellement d’exprimer suffisamment ses comportements naturels ?

Plus on connaît le comportement habituel de son propre chat, plus il devient facile de repérer les petits changements qui peuvent nous indiquer qu’une situation est devenue plus difficile pour lui.

Tout savoir sur nos caméras
Soyez 100% détendu grâce à nos caméras qui vous permettent de voir votre chat en temps réel.
Besoin d'une pension ?
Vous êtes intéressé par nos services et souhaitez en savoir plus ?
N'hésitez pas à nous contacter !
Shami fait sa valise

Besoin d'une pension féline proche de Rouen ?

N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus !